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La
calligraphie est considérée au Japon comme un "chemin",
comme une "voie" par laquelle l'homme se réalise en
suivant le mouvement de son pinceau.
La calligraphie est aussi là pour nous rappeler que notre rapport
aux signes écrits passe par des matières, des couleurs,
des mouvements et des sensations.
De plus, elle conserve la mémoire de l'évolution de chaque
signe ou idéogramme, dont les formes graphiques n'ont cessé
de se multiplier.
La calligraphie est ainsi la mémoire des formes les plus primitives
comme des formes les plus raffinées de l'écriture. Et
cette mémoire reste vivante ; puisque les calligraphes cultivent
les signes pour les signes et leur donnent mystérieusement le
mouvement de la vie.
La calligraphie dépasse
alors le simple jeu graphique et esthétique. Tous les signes
calligraphiés le sont selon la méthode du pinceau et de
l'encre et pourraient se réduire à un seul trait, à
un seul mouvement de pinceau, à un seul geste du calligraphe.
C'est en ce sens que la calligraphie est dite refléter le "coeur"
du calligraphe : il se reflète en effet dans la vigueur des traits
du pinceau, la couleur de l'encre noire, sa luminosité ; il se
reflète encore dans le blanc qui vibre entre les traits, et finalement
dans l'impression indicible que laisse la composition calligraphiée.
C'est ainsi que
la calligraphie retrouve la nature, non en l'imitant mais en recréant,
à la surface du papier, le mouvement par lequel elle se déploie
aux yeux de celui qui ne se lasse jamais de la contempler.

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